jeudi 7 janvier 2016

Shadow of the Demon Lord : mini-critique et feuille de personnage

Je n'ai pas vraiment le temps de vous faire une critique détaillée du jeu mais au moins vous pouvez déjà profiter d'une feuille de personnage en français !


 Pour faire court, je ne suis pas totalement subjugué mais le jeu de Robert J. Schwalb a pas mal de côtés sympathiques :

  • une création de personnage simple et des évolutions possibles très variées, on choisit une nouvelle clas... euh, "Voie" aux niveaux 3 et 7 (un Guerrier/Artificier/Nécromancien ? Pas de problème, sans complications et sans chichi).
  • déjà une dizaine de scénarios courts (4 à 6 pages) disponibles, prévus pour être joué en une soirée.
  • une campagne urbaine destinée à être jouée en 10 parties (comme dans Tranchons & Traquons, youhou, je suis un visionnaire ^^) et plutôt bien construite bien que très classique.
  • un univers efficace (=facile à s'approprier pour les meneur et les joueurs) avec (enfin) une religion monothéiste et pas un panthéon foireux comme dans le reste des jeux des rôles du même genre (hors Runequest).
  • le jeu dégage vraiment une ambiance particulière : la fin du monde est proche, on a accès à de la technologie steampunk, on joue des gobelins et des automates plutôt que des elfes et des halflings, la magie peut vraiment être sale (même si je goûte fort peu le toilet humor à l'américaine).
  • un système, au départ, assez simple : 1D20 + caractéristique vs 10 ou vs la défense de la cible en combat.
 Le jeu est souvent conseillé aux gens qui cherchent un système alternatif pour Warhammer et les Iron Kingdoms. Dans le premier cas le niveau de puissance ne me semble pas correspondre tout à fait et dans le second cas Shadow of the Demon Lord ne parvient pas à reproduire la très grosse réussite d'Iron Kingdoms : proposer une création de personnage très diversifiée tout en restant très simple (même si les choses se compliquent par la suite). Dans les deux cas, le travail d'adaptation me semble conséquent (moins dans le cas de Warhammer toutefois).

Ensuite, même si on est loin de la complexité d'un Pathfinder et même de celle d'un D&D5 on n'est quand même pas du côté d'un Sword & Wizardry White Box ou d'un Into the Odd. Les règles sur les véhicules ou les armes à feu que l'on peut trouver dans le Demon Lord Companion n'ont rien de particulièrement élégant.

Le mini avis de l'Ours

Si vous possédez déjà un système de jeu médiéval fantastique qui tourne bien pour vous et votre groupe (de D&D5 à Pathfinder en passant par Chroniques Oubliées ou Lamentations of the Flame Princess) vous pouvez sans doute faire l'impasse sur Shadow of the Demon Lord à moins d'être un acheteur/collectionneur compulsif. Mais si vous cherchez un jeu (et une ambiance) qui soit à la croisée de D&D, Stormbringer et Warhammer, Shadow of the Demon Lord peut être un bon choix. L'ouvrage est vraiment complet : règle (20 pages), univers (26 pages), bestiaire (environ 90 créatures) , bien organisé (le maquettiste de l'éditeur Green Ronin est à l’œuvre) et fort bien illustré.

Au final on a un jeu avec un angle d'attaque clair, une ambiance bien définie, un système de jeu classique et efficace. Même si j'essaye de lutter contre l'acheteur compulsif qui est en vous, là, il faut l'avouer, c'est difficile. Ne vous attendez pas à un jeu révolutionnaire ou à une thématique originale et vous ne serez pas déçu. C'est la fin du monde et les personnages sont là pour l'empêcher à coup de D20 (ou mourir en essayant) : tous les outils sont là pour jouer dans cette ambiance, à vous de voir si c'est ce que vous cherchez.

7 commentaires:

Bobor Mory a dit…

"on joue des gobelins et des automates plutôt que des elfes et des halflings" rien que ce tout petit passage suffit à vendre le jeu dont beaucoup de monde parle en ce moment, mais dont tu fais le meilleur résumé avec ça : "la croisée de D&D, Stormbringer et Warhammer, Shadow of the Demon Lord peut être un bon choix". J'ai craqué depuis quelques jours. La campagne paraît assez chouette et les petites aventures sont faciles à mettre en place, mais je ne suis pas encore sûr de franchir le pas et d'y faire jouer. Je prends tout de même la feuille de PJ au cas où.
Merci en tout cas pour cette nouvelle traduction et surtout pour la critique rapide et très claire du jeu.

Kobayashi a dit…

Pareil, j'ai du Fantasy Age/Warhammer a faire jouer avant mais lancer au moins un petit one-shot de Shadow of the Demon Lord me tente beaucoup...

Raskal Raskalis a dit…

Le côté Dark Fantasy est un simple argument marketing ou on le ressent réellement à la lecture ?

Kobayashi a dit…

à titre personnel je l'ai vraiment ressenti à la lecture (la description des peuples, une bonne partie de l'univers, les sorts, les classes...). Ce n'est pas toujours follement original (je n'y retrouve pas forcément le côté un peu foutraque d'un Dungeon Crawl Classics qui me manque un peu).

Raskal Raskalis a dit…

J'avais utilisé DCCRPG pour faire du Dark Fantasy (enfin du very chaotic fantasy). Mes joueurs se sont un peu lassé du côté trop aléatoire de certains effets comme la magie (et je dois avouer que lorsque le magicien me tuait le big boss par un projectile magique, j'étais furax mais hilare lorsqu'il n'arrivait pas à se débarasser d'un simple sbire). Je suis passé à D&D 5 toujours dans le setting des Known Realms mais avec une ambiance plus classique.

Je vais me pencher sur SotDL sérieusement...

Michel De Landsheer a dit…

Salut
des infos sur la sortie Shadow of the Demon Lord pour la france "traduction"
Merci

Kobayashi a dit…

Il faut plutôt demander à l'éditeur, Black Book Édition, qui a décidé de traduire le jeu. Je ne suis pas dans le secret des dieux ^o^